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Plus d’énergie et d’agilité? Découvrez la puissance... du désengagement!

Je fais le pari que vous êtes sujet·te à une bien sournoise addiction.


Vous avez noté le caractère grisant de parvenir à tout gérer, parfois par à une incroyable jonglerie? Vous savez, cette sensation furtive de maîtrise?


Il y a aussi le fugace et puissant soulagement d’un dossier juste rendu à temps, voire la rare et grande euphorie d’un projet réussi. Et puis il y a le doux réconfort d’un passage sur les réseaux sociaux ou d’une cigarette, n’est-ce pas?


Ça vous parle? Alors je confirme, vous cultivez une forme d’addiction à l’adrénaline et autre dopamine, ces hormones et neurotransmetteurs qui créent ces sensations fortes et agréables en vous! Bon, c’était facile, nous sommes programmés pour cela.


Addict·e au… pire!

Mais ce n’est pas tout. Qui n’a pas vécu son débat tendu autour de la gestion de la crise actuelle? Chacun sa vue, son argument… Et là, phénomène paradoxal, malgré l’état souvent frustré voire carrément dépité dans lequel vous restez, au détour de la prochaine rencontre, vous voilà reparti·e dans le même discours! Comme si ces émotions familières avaient quelque chose de rassurant, de certain.


Je prends la crise du moment mais vous pouvez utiliser la réorganisation de la boîte, le projet Phoenix ou Jean-Paul, le chef qui agace tout le monde, non?


Dépendant·e à la dopamine, passe encore, mais alors addict·e au pire?! Ces situations génèrent des émotions et, curieusement, celles-ci vous rappellent un peu qui vous êtes, non? Tantôt quelqu’un avec des valeurs fortes, tantôt quelqu’un d’affirmé qui défend ses idées. Un petit bout, un petit goût de vous...


La chimie qui vous gouverne


Oh comme j'ai pu et peux encore me "shooter" à réussir à gérer 36 trucs en parallèle! La vérité, c’est que chimiquement, j’ai cherché à "tout faire" pour le pic de dopamine et son côté grisant, euphorisant qui vous donne une illusion de puissance.


Et j’ai aussi cherché une forme de stress dans la confrontation - j'ai un peu tendance à penser que les règles sont là pour être contournées. Parce que ce stress, inconsciemment, a l’avantage de vous faire sentir quelque chose. Et puis, pour compenser l’inévitable descente de ces états stimulants vers ceux de la pression, j’ai décompressé à grands coups d’endorphines à travers le sport.


De vraies montagnes russes! Résultat? Une grande débauche d’énergie pour une stabilité et une satisfaction… toutes relatives.


La formule classique


La théorie veut que votre vécu du stress soit la résultante de vos ressources moins les contraintes. Si la somme est positive, vous voilà ok… Vraiment? Donc si je n’ai pas la nausée après mes montagnes russes, on est bon?


Je vois une sérieuse limite: tout semble basé sur le principe que votre état intérieur est dépendant sur vos circonstances extérieures. Comme la résultante d’un état passif de passager de ce train fou. Or mon stress, c’est bien le mien! D’ailleurs, vous le savez relatif puisqu’on n’est pas tous égaux face à un même stresseur. La dure réalité c’est que vous siphonnez vous-même votre énergie!


Et si monter sur ce manège infernal n’était pas votre seule option?


Et s’il y avait une autre équation?


J’ai découvert avec le yoga et sa philosophie une approche bien différente. Parmi les Niyamas, sortes de disciplines philosophiques du yoga, on trouve le concept de santosha. Il s’agit d’une invitation à cultiver une forme de contentement, de paix intérieure ou d’équanimité du mental. Sharon Salzberg, Professeur de méditation renommée, parle de l'équanimité comme d'un "calme spacieux de l'esprit", dans lequel nous pouvons rester connectés aux autres et à tout ce qui se passe autour de nous, tout en restant libres de notre habitude conditionnée de saisir l'agréable et de repousser le désagréable.


Autrement dit, elle invite à sortir du yoyo "dopamine-adrénaline", ce leur cocktail euphorisant-stressant qui rythme nos vies. C’est comme devenir l’aubergiste du célèbre poème de Rumi (L’être humain est une auberge) et non ses hôtes ou encore l’observateur détaché dont je parle souvent (cf. les 5 secrets).


"L'équanimité c’est ce "calme spacieux de l'esprit" dans lequel nous pouvons rester connectés aux autres et à tout ce qui se passe autour de nous, tout en restant libres de notre habitude conditionnée de saisir l'agréable et de repousser le désagréable". Sharon Salzberg

En réalité c’est un état de conscience qui vous permet de voir l’émotion/les sensations émerger et de choisir de vous en désengager. Lorsque les gens sont capables de mieux contrôler leurs émotions, ils peuvent améliorer la qualité de leur énergie, quelles que soient les pressions extérieures auxquelles ils sont confrontés soulignent Tony Schwartz et Catherine McCarthy du Energy Project dans HBR. Et là, bien que le principe nécessite de la pratique, je ne peux que confirmer le regain d'énergie qu'il procure.


La promesse de l’équanimité


Imaginez un instant: sortir du jugement de toute situation, ne plus laisser se cristalliser vos idées au point de vous y attacher, avoir une vision mais pouvoir rester souple sur le chemin… Ne plus jamais avoir d’attente déçue, devenir imperturbable face à toute situation… Ne pas avoir besoin de plaque de chocolat, de nouvelle voiture ou de cette promotion pour se sentir bien…


Voilà la puissance de cette forme de désengagement! Attendez, ça ressemble aussi passablement à cette chère agilité qu’on attend de nous aujourd’hui dans ce monde si complexe et incertain, non?


Un petit côté passif à tout ça, me direz-vous? La vraie puissance du désengagement, c’est le surplus d’énergie qu’il vous laisse: lorsque vous sortez de l’addiction à l’adrénaline ou à la dopamine, alors il reste ce "calme spacieux de l’esprit", cette clarté, cet espace pour penser sereinement la prochaine étape, la prochaine action. Sans compter qu'il est la porte d’entrée d’une autre forme de satisfaction qui mériterait un post à elle seule.


Le contentement en pratique


Devenir l’observateur conscient de vos réflexes est la première étape vers davantage de contentement et d’équanimité. Centré·e et conscient·e, toutes ces réactions deviennent autant d’opportunités de grandir: lâcher prise, respirer et se dire: "Réjouissante ou pas, je ne sais pas. tout ce que je sais c’est que la situation est ainsi."


Bien sûr, vous gagnerez à décortiquer parfois ce qui se cache derrière votre émotion. Bien sûr, cela ne vous dispensera pas de savoir où vous allez et pourquoi vous y aller. Mais savoir développer une forme de gratitude pour ce qui est et une confiance dans ce qui se passe est une incroyable ressource.


En bref,


On devient, bien souvent inconsciemment, dépendant à un cocktail de neurotransmetteurs et d'hormones. Ce cocktail, le plaisant comme le déplaisant, brouille vos perceptions et vide avec le temps vos batteries. Pour sortir de l’addiction dopamine-adrénaline-endorphines, cultivez "santosha", un contentement par rapport à ce qui est, ici et maintenant.


En définitive, se désengager ainsi est une manière de garder son énergie pour ce qui compte vraiment et de ne pas s'accrocher aux situations, aux personnes et aux émotions qu'elles suscitent.


Se désengager, c'est asseoir votre personne, renforcer votre assertivité et votre capacité d’accueil à ce qui est. Et cela n'a rien du retrait passif que pourrait craindre votre hiérarchie.


Se désengager, enfin, c’est renforcer sa capacité à se tourner vers l’autre, à embrasser davantage la complexité d’une réalité et à dépasser certains clivages.


Alors vous? Dans quelle(s) situation(s) décidez-vous d’expérimenter le désengagement?


En cette fin d’année chahutée (et qui le sera, à n’en point douter, jusque sous le sapin), je vous souhaite de tout cœur de goûter à cette assise et à ce calme.


Au plaisir de lire vos partages d'expériences,


De lumineuses fêtes de fin d’année à vous!







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