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Minimalisme au travail: ce qui vous retient de simplifier et d'éliminer!

"Moins, c’est mieux"! J'adore cette idée. Mais qui parvient à la mettre en oeuvre au bureau?


Le minimalisme est un courant qui a pris un essor énorme dans un monde de surconsommation. La crise climatique est une invitation de plus dans ce sens: acheter consciemment, repenser son habitat, simplifier son mode de vie. Au travail, de longue date, Eisenhower vous invite à vous concentrer sur l’important et Pareto à travailler avec son fameux principe.


Vous en rêvez: une vie simple, délibérée et riche, loin des excès. Je vous parle de cette sérénité qui se dégage d’un espace épuré, de relations choisies avec soin et d’un esprit calme et bien structuré. Plus de course, plus de débordement. Le temps de faire les choses, de les savourer, d’apprendre, de connecter. Le temps aussi de ne rien faire, de prendre du recul et de vous consacrer à l’essentiel.


Sauf que ce n’est pas tout à fait ça, n’est-ce pas?! Comment se fait-il que nous peinions à appliquer au fond un simple principe de soustraction?


Ceci n’est pas un post pour ranger votre bureau ou trier votre garde-robe. Ceci est un post qui s’attaque à ce qui vous empêche probablement de mettre en oeuvre ces aspirations et vous prive de ses trésors…


C’est pourtant le premier levier de performance!


Posons le décor. Le Professeur Morten Hanson de Berkeley a étudié la performance de 5000 personnes à travers le monde, les industries et les fonctions et en a tiré le très bon livre Great at work. Il en a déduit 9 principes que suivent les plus performants d’entre nous. Et là, bingo! "Do less, than obsess" s'avère être le levier le plus important!. On comprend donc que concentrer son effort et faire moins sera, non seulement, bon pour vous mais aussi pour votre entreprise… Alors pourquoi est-ce si difficile?


Vase avec feuilles sur un bureau
Minimalisme: quand simplifier fait la différence! Crédit: Unsplash, Sarah Dorweiler

Busy is still the new cool ! Le souci de fond? Cette croyance latente que "je suis très occupé·e, donc je suis important·e". Qui a envie d’éliminer quelque chose avec pareille musique en toile de fond? Notez qu'il y a différents refrains à choix: important·e, performant·e, engagé·e, etc.


Les racines lointaines de ce qui fait obstacle


L'idée de la simplicité et cette espèce d'esthétique du "moins" me séduisent depuis près de 15 ans. Et pourtant, je parviens à en saisir l’essence depuis quelques années seulement. C'est comme si le simple ne se laissait pas approcher si facilement…


J'émets l'hypothèse que l'on ne parvient pas au minimalisme, consciemment ou inconsciemment, bien souvent par peur de la différence. Il se trouve que notre capacité à nous conformer, à faire comme les autres est source de sécurité et de connexion étant enfant. A vrai dire, vu notre dépendance, dans cette tranche de vie, le principe de survie nous y pousse irrémédiablement, souligne la psychothérapeute britannique Marisa Peer. Elle ajoute que, malgré le passage à l’âge adulte, on tend à garder ce principe de survie bien ancré, bien que nous soyons devenus indépendants. Les mystères du subconscient…


Je vous soumets donc l’hypothèse que votre difficulté à rentrer dans le minimalisme (en partant du principe que vous en voyez les bénéfices potentiels) vient d‘une peur d’affirmer une certaine différence. De "vous" affirmer. Parce qu’être busy, c’est justement ce qui caractérise l’immense majorité d’entre nous. Courir dans tous les sens pour se sentir vivant, consommer pour combler un vide, vivre l’incroyable pour compenser, c’est une forme de normalité sous nos latitudes. C’est même la vie que les médias et la société tendent à nous vendre. En résulte alors presque une audace, voire un courage dans le fait d'oser faire moins, faire différemment, faire simple.


Et si vous deveniez un peu plus vous-même?


Si l’hypothèse résonne, comment s’y prend-t-on? Vider votre appartement et ranger votre bureau seront des premiers pas faciles mais qui auront leurs limites. Oser rentrer dans la différence, c’est savoir s’apprécier suffisamment pour s’affranchir du regard des autres. C’est comprendre et intégrer que vos besoins d’enfant ne sont plus vos besoins d’adulte – se conformer n’est plus une nécessité. C’est donc se réapproprier toutes ses facettes, c’est savoir où vous aller et oser vous mettre joyeusement sur le chemin du moins.


C’est un travail intérieur qui se reflétera à l’extérieur. Comme le dit l’auteur Greg Mckeown, l’essentialisme est un choix. Et cela a tout d’une forme d’affirmation de soi. Cette même affirmation de soi qui repose sur une estime de soi solide et saine. Ces bases vous permettront de ne pas céder aux sirènes du dernier gadget high-tech, d’oser mettre des limites ou d’oser vous écarter du chemin tout fait que vous propose votre profession. Elles créeront "votre" version du minimalisme, une notion finalement très personnelle.


"Plus je m’apprécie, moins j'ai besoin de faire, de posséder, de montrer aux autres pour me sentir reconnu·e."

Ce fut un long chemin me concernant. Caillouteux le chemin... Mais le plus beau voyage que j’ai fait. La joie d’une tasse de thé sur un canapé par un dimanche pluvieux est une concept qui me faisait doucement sourire quand j'ai lu pour la première fois l’Art de la Simplicité. Aujourd’hui c’est une réalité et, punaise! Comme c’est bon!


Au-delà du contentement, la performance


Suis-je devenue une contemplative pour autant? Pas vraiment. Cette satisfaction que vous pouvez trouver quand, selon les principes de la Professeure Brené Brown, vous vous sentez "digne d’amour et d’appartenance" c’est la porte d’un nouveau monde. D’un nouvel élan.


Dès lors qu’il ne s’agit plus de plaire, de se conformer ou de penser que quand vous aurez accompli ceci ou cela alors vous vous sentirez bien, vous retrouvez une énergie monstre!


Et là, la performance selon le Professeur Hansen vous tend les bras (si vous la recherchez bien sûr): selon lui, choisir quelques priorités (faire moins) n’est que la moitié de l’équation. L’autre moitié, c’est l’obsession d’exceller dans ce que vous faites. Il ne s’agit donc pas simplement de faire moins mais de viser l’excellence dans ce moins.


"Travailler intelligemment signifie maximiser la valeur de votre travail en sélectionnant quelques activités et en y consacrant un effort intense et ciblé." Prof. M. Hansen

C’est cette combinaison qui en fait le levier majeur de performance selon lui. Vous avez déjà entendu parler des 10'000 heures de pratique qui font de vous un expert? Et bien il n’y a plus qu’à! Et pour cela, vous avez intérêt à ne plus vous soucier de votre nombril et de ce que les autres en diront…


Les bénéfices de la démarche


Malgré moi, mon quotidien privé a été passablement chamboulé ces 15 derniers mois. Plus rien de normal. Plus rien de conforme. Plus rien de planifiable (l’Horreur pour la cheffe de projet que je suis). Un vrai bootcamp de l’agilité et de la résilience! Alors, quand tous les repères s'effacent, je vous promets que savoir savourer la joie de l’instant présent et pouvoir vous orienter sur la base de l’essentiel est infiniment précieux.


Bilan? Force est de constater que c’est largement suffisant pour continuer à avancer! Le bonus? Commencer à concentrer son effort sur cet essentiel donne au moins autant de la direction que de l'ancrage.


En bref,


"Moins, c’est mieux" est un principe fort aux multiples vertus. Or, comme cela peut être difficile, malgré l’attrait que peut susciter l’approche.

En réalité, bien souvent inconsciemment, j’émets l’hypothèse qu’on est resté bloqué dans un vieux schéma de conformisme dont il est temps de se débarrasser. Vos relations, votre sentiment d’appartenance ne dépendent pas des choix différents que vous pouvez faire! Au contraire, cette différence affirmée est à priori un pas vers plus d'authenticité, un pas vers vous-même. Vous n'êtes plus dépendant de personne!


Alors pour regarder avec sincérité et indulgence ce qui vous sépare des joies du minimalisme et de la performance,

  • Demandez-vous ce qui vous retient de simplifier, épurer, éliminer?

  • Demandez-vous ce qui vous empêche d'oser ne plus faire certaines choses?

  • Demandez-vous ce que vous apporte encore ce que vous n’aimez plus faire?

Parce que davantage qu’un bureau bien rangé, une garde-robe minimaliste et la vente de la 2e voiture, mettre le doigts sur ce qui vous retient tout au fond fera tomber tous ces dominos, les uns après les autres


Au plaisir de savoir ce que vous allez éliminer dès aujourd'hui,


Belle semaine... zen ;-) !




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